2 décembre

Siegrid Dumas novembre 2018

Il y a l’€uro, il y a l’Eusko et puis il y a le troc, l’échange, le recyclage, le détournement, le Do It Yourself ou encore la chasse aux trouvailles pour acquérir des petits cadeaux et la créativité pour en réaliser de grands…

L’argent est un vrai-lourd-sujet. Souvent au cœur, d’ailleurs, de notre façon de consommer.
Un thème vaste que je vais aborder de façon très rapide et légère cette fois-ci car il nous faudrait des heures, des jours, des siècles voire l’histoire de l’humanité pour « débattre » de façon bienveillante et concrète sur ce qui -pour moi- constitue tout simplement un outil, un moyen permettant d’échanger nos produits, services, temps, pratiques, compétences et savoir-faire.
Ni plus ni moins.

L’argent n’est pas un outil de mesure de valeur, ni d’une réalisation, encore moins celui du bonheur.
Depuis quelques temps, je fais le choix de le voir et de le vivre comme un simple outil d’échange.
Me disant souvent qu’il est temps de désacraliser l’argent. Quand je dis désacraliser, j’ai autant en tête la nécessité de cesser de sur-évaluer que de sous-évaluer cette « matière ».
Pour moi, c’est l’énergie que nous lui donnons qui compte en grande partie.

En cette période de fin d’année, ayons en tête qu’un cadeau payé en €uro ou en Eusko, troqué contre autre chose, façonné par soi-même, trouvé dans un placard ou grâce au fruit du « hasard »…c’est pareil !
Ce qui compte, c’est l’énergie du cœur qui nous amène à le chercher/choisir/fabriquer et à l’offrir à la personne concernée.

Ce qu’il nous coûte n’a aucune importance et en même temps ça en a beaucoup !
> Imaginez que depuis quelques jours vous êtes à la recherche d’un cadeau spécial. Vous peinez à le trouver, pourtant vous connaissez exactement les goûts de votre ami.e et avez choisi un thème qui lui fera forcément plaisir.
Vous cherchez quelque chose de « spécial » parce que c’est une personne « spéciale » pour vous.
Un matin, vous poussez la porte de Selgarrekin -la gratuiterie de Bidart- et vous tombez exactement sur LE cadeau qui ferait plaisir à cet.te ami.e.
Oui mais voilà, cet objet est gratuit. Il ne va rien vous coûter dans le sens ou vous n’allez pas ouvrir votre porte-monnaie pour l’acquérir. Il a été posé là par une personne qui n’en voulait plus. Abandonné.
Et pourtant, c’est LE cadeau qu’il vous faut. Vous n’en voyez plus d’autre pour gâter votre ami.e.
Au fond, combien vaut ce cadeau ?

Autre exemple qui me tient à cœur…
> Imaginez que vous repérez un objet chez un artisan qui a passé des heures à se former, à créer et équiper son atelier, à mettre en place son métier, qui fait tout son possible pour fabriquer avec des matériaux de qualité, qui a des journées longues grâce à tout un tas de préoccupations qui dépassent sa simple sa passion.
Vous avez de bons revenus donc l’argent n’est pas un souci pour vous. Mais l’objet en question affiche un prix qui vous parait trop élevé. L’objet en question est LE cadeau qui comblerait votre ami.e. mais il vous parait trop cher.
D’après vous, combien vaut-il vraiment ?

Nous pourrions enchaîner tout un tas d’exemples de ce type nous invitant à nous questionner. Vous ne croyez pas ?
Mais aujourd’hui, j’ai une double envie :

>>> Vous proposer de nous concentrer sur cette notion de valeur située au niveau du cœur. Juste là.
Parce que ça fait « tilt » quand vous pensez à la personne qui a déposé cet objet à la gratuiterie, à cet artisan plein de talents ou encore au sourire de votre ami.e quand il ou elle va ouvrir son cadeau.

>>> Vous proposer de régler vos achats en Eusko. Un moyen de paiement complémentaire dont nous pouvons être fiers.
Si vous vivez au Pays Basque, vous devez savoir que depuis quelques semaines l’Eusko est la première monnaie locale européenne ! En circulation depuis seulement 6 ans.
Pre-mière mo-nnaie lo-cale complémentaire eu-ro-pé-enne : C’est dingue, non ?
Tiens ! Une question personnelle : l’utilisez-vous vous-même ? Si Oui, quand et comment ?
Et si Non, pourquoi ?
Si vous êtes un.e Eusko convaincu.e, il est probable que ce « zoom du jour » ne vous apporte pas grand chose.
Si ce n’est pas encore le cas, j’ai tout simplement envie de vous inviter à vous y intéresser et à découvrir la liste des professionnels chez lesquels vous pouvez faire vos achats de Noël. Grâce à l’annuaire en ligne sur le site de l’Euskal Moneta.
Nous sommes de plus en plus nombreux à l’utiliser et quelques centaines à avoir opté pour l’EuskoKart. En quelques clics, il vous est possible de devenir membre, d’ouvrir un compte et donc de faire vos achats de fin d’année en Eusko. En espèces ou avec votre carte de paiement. Tout est expliqué par ici.
Notre monnaie est une des clés pour soutenir, dynamiser et relocaliser l’économie locale. Alors, prenez quelques minutes…

€uro et Eusko pour acheter ou louer, troquer, échanger, ré-utilser ?
En conclusion de mes « réflexions » qui donnent finalement la trâme de ma façon de consommer…
1/ Quand je paie ou loue en €uros ou en Eusko des produits et services locaux qui correspondent à mes valeurs, je permets à des hommes et des femmes -artisans, créateurs, artistes, indépendants, etc- de « sur-vivre » dans un système dont nous sommes toutes et tous dépendant.e.s, acteurs et actrices.
Quand je paie en utilisant de l’argent, je considère que se présente à moi la possibilité de « faire ma part » pour rendre l’économie solidaire.
2/ Quand je troque, j’échange, je réutilise, je fais moi-même : je préserve les ressources de la planète, j’actionne la spirale vertueuse de l’économie circulaire et j’use de la créativité qui me met en joie !

Fin de cette parenthèse quasi « philosophique » et place aux petits et grands plaisirs qui permettront d’autres façons de consommer et d’offrir dans les jours qui suivent…
Belle journée à vous !


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