Beñat Etchebest

Siegrid Dumas mars 2020

Beñat Etchebest a 57 ans.
Papa de 2 adolescents, il vit du côté de Mauléon.

Beñat, raconte-moi un brin de ton histoire, stp…

« J’ai grandi dans une maison vivante. Maison fonctionnant sous le système troncal, c’est à dire une famille élargie réunie tous les jours autour de la table. Trois générations. Deux grands parents ne s’étant pas choisis, un cousin avec son vécu de la trop grande guerre. Un père, fils de métayers. Une mère, héritière, se consacrant à la transmission. Un oncle, pêcheur, chasseur, la nature pour respiration. Un frère plus âgé, un plus jeune.

Mélange de destins et de recherche de responsabilités choisies.

Deux lectures marquent mon adolescence. « Libres enfants de Summerhill », histoire d’une école autogérée créée par un psychanalyste du côté de Londres et un second, dont j’ai oublié le nom, traitant de l’habitat indigne à New-York, dans les quartiers du Bronx.

Le premier oppose éducation et instruction. Le second souligne les questions de logement et les modes d’actions non violentes mises en place par les locataires.

A cette époque, je participe à un camp de 5 jours en Béarn avec Euskaldun Gazteria (Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne) qui nourrit mon appétit de débats tous azimuts. Plus tard, je fais le choix, au titre du service national obligatoire, de ne pas aller vers sa forme militaire, car l’organisation pyramidale réduit le libre arbitre jusqu’à amener à tuer. Je n’irai pas non plus faire la coopération dans un pays sous-développé, moi, le développé ? Je mettrai ce temps dû à la nation, au service du syndicat naissant de paysans du Pays Basque, ELB-Confédération Paysanne, héritier des démarches de Jean Pitrau de Tardets et de Bernard Lambert, Travailleur Paysan breton.

Mon expression orale et écrite naturelle est en langue française. Chaque mot prononcé crée une dette envers une autre langue, l’Euskara. A 4 ans, l’Education Nationale m’a demandé de ne plus le parler. Cela aurait pu entraver ma socialisation (!).
A 14 ans, je commence à en (ré)apprendre des mots, des chants, des sentiments. Le basque reprenant sa place.

Fils de métayer, second de la fratrie, mon cheminement sera une question de place. Place autour de la table. Place dans ce monde. Parole prise. Parole à donner. La parole s’anime, pour que chacun trouve place.
Car, gilet jaune ou Ferrari rouge, chacun cherche la sienne. »

 

Beñat Etchebest est président d’Etxalde, une association développant une autre façon de se loger en Pays Basque. Dont le mode d’organisation et de gestion est testé du côté de Mauléon depuis plus de 10 ans.
Avoir un toit au dessus de sa tête : un besoin essentiel que nous aborderons en mars puisque Beñat est LeNouveauGuide du mois !

 

C’est une grande joie pour moi de l’accueillir parmi nous et de vous faire découvrir ce concept qu’il porte et défend, entouré de personnes passionnantes…


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